LES MARAIS SALANTS AU MOYEN-ÂGE Bien avant la conquête romaine, les Santons pratiquaient un système rudimentaire de ramassage du sel par assèchement de la saumure dans des barquettes d’argiles. On a retrouvé des amas de ces barquettes cassées en bordure des rivages de ’époque, autour de l’îlot de Nieulle sur Seudre, au fond du marais de Saint-Augustin qui était, encore, à l’époque, un golfe marin. À partir du Ve siècle les premières invasions perturbent l’économie de la région.Toutefois, au VIIe siècle, il existait encore des salines autour de Marennes, que le roi Dagobert, après avoir confisqué les biens des enfants du duc d’Aquitaine, offre à l’Abbaye de Saint-Denis. C’est surtout à partir du IXe siècle que l’invasion des Vikings et, de plus en plus, les guerres féodales vont ruiner l’économie de la Saintonge. À la fin du Xe siècle, la région est devenue une terre à l’abandon. Or, en l’espace d’une centaine d’années, du milieu du XIe au milieu du XIIe siècles, la Saintonge maritime renaît. Sa mise en valeur est poussée activement, au point qu’à la fin du XIIe siècle, la région devient l’un des centres les plus importants de production de sel de l’Europe. À partir du XVIIIe siècle, les progrès de la marine à voile, surtout l’importance croissante du tonnage utile, font que l’on peut, maintenant, aller chercher le sel plus loin. Les navires de l’Europe du Nord vont, de plus en plus, se ravitailler au Portugal et en Espagne. À cette cause économique s’ajoute, depuis 1685, une cause religieuse, la Révocation de l’Édit de Nantes. Elle provoque, dans nos régions un exode des protestants.Ceux-ci sont nombreux en Saintonge maritime. Entre Royan et Rochefort, il existe une soixantaine de temples.En quinze ans, près de cinquante mille personnes quittent le pays. À La Tremblade,entre 1685 et 1688, près de 45% de la population émigre. Or, beaucoup de ces émigrants sont des sauniers. Les salines abandonnées ne sont pas reprises. On ne s’improvise pas saunier et la crise n’incite pas à remettre en état les marais abandonnés. En 1688, l’important marché du sel de Brouage est en pleine crise. Entre 1600 et 1800, la superficie des salines de Seudre et d’Oléron diminue de moitié.Elle passe de 20 000 à 10 000 livres Cette disparition progressive est également due à la conjoncture historique. Entre 1688 et 1815, sur 127 ans, il y aura 64 ans de guerre dont sept conflits avec l’Angleterre, c’est-à-dire, l’un de nos principaux clients. Le coup de grâce sera donné, lors des guerres napoléoniennes, par le Blocus continental. C’est l’arrêt brutal de toute exportation. Au XIXe siècle, le tonnage des navires permet d’aller chercher le sel plus loin encore.C’est ce qui explique la venue, sur le marché, d’un nouveau producteur, le Mexique.Ses prix, défiant toute concurrence, vont en faire, très vite, un gros exportateur. Enfin, et surtout, l’arrivée du chemin de fer permet de transporter beaucoup, vite et loin. Dès le Second Empire, l’essentiel du réseau ferré est en place. Le sel méditerranéen va s’imposer en France au détriment du sel de Saintonge plus cher. Dans nos régions, au cours des siècles, on assiste à un morcellement des propriétés,donc à une augmentation du coût d’exploitation. Au XVe siècle, une propriété importante couvrait 500 hectares. À la fin du XVIIIe siècle, une exploitation de 150 hectares était considérée comme très grande. Il restait, encore 40 000 à 50 000 hectares de marais salants en 1830. Il n’en restait plus que 11 000 hectares en 1885 Et 4 000 en 1913. Enfin, la mode “culinaire”, associée à la mode des bains de mer, va accélérer la disparition des marais salants dans notre région.au profit des huîtres On a, de tout temps, consommé, donc élevé des huîtres en Saintonge maritime. « Les véritables professionnels, pratiquant uniquement l’élevage des huîtres étaient rares », Souvent les sauniers mettaient en “réserve”, dans des compartiments des salines désaffectées, les huîtres qu’ils draguaient sur les bancs ou qu’ils achetaient. En 1738, sur la seule rive gauche de la Seudre, existaient, déjà, plus de 7000 “claires” entre le Mus-de-Loup, à l’embouchure, et l’Eguille.Progressivement l'ostréiculture prendra le relais
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